Mme Fanchon Gervasoni
&
M. Raphaël Georges


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Qu'est-ce que la normalité en psychopathologie ?

Qu'est-ce qui est "normal" ? Et qu'est-ce qui ne l'est pas ?

Qu'est-ce qu'être "normal" ou être "anormal" ? La question de la normalité psychologique nous interroge tous. Il nous est tous arrivé un jour ou l'autre de nous demander si les pensées, les émotions, les sentiments qui nous traversent l'esprit sont normaux. Il est fréquent de penser "Ne suis-je pas un peu bizarre ?" C'est un sentiment d'autant plus inconfortable que nous sommes guettés par la peur d'être catalogués comme "malade", "psychopathe", voire "fou".

Pour savoir si nous sommes normaux ou non, le mieux serait de partager nos inquiétudes avec notre entourage. Mais comment aborder ces choses-là ? L'entourage risque d'être gêné ou de mal réagir. Et puis il serait difficile pour nous aussi de livrer nos sentiments et pensées intimes.

Alors comment savoir s'il est nécessaire de consulter un psy ? Pour répondre à cette question, commençons par comprendre ce que signifie la normalité psychologique.

Définitions

La définition de la normalité psychologique n'est pas simple. En réalité, il en existe plusieurs :

La normalité statistique

La normalité statistique consiste à considérer les comportements adoptés par la majorité de la population comme normaux, et les comportements minoritaires comme anormaux. Facile à comprendre, cette définition ne résout pas tout pour autant. En effet, on peut se demander ce que devient la minorité à partir d'une pareille conception. Selon les cultures et les époques, elle peut être acceptée, rejetée, forcée à rentrer dans le rang ou exterminée... Et, autre problème, où placer la limite entre majorité et minorité ?

La normalité culturelle

L'individualisme est un caractère valorisé dans notre culture, mais considéré comme anormal dans d'autres.Elle consiste à considérer comme normales les personnes qui correspondent aux valeurs culturelles. A l'inverse, les personnes qui ne correspondent pas aux critères culturels en vigueur sont considérées comme anormales. Dans notre société occidentale par exemple, il arrive fréquemment de rencontrer au travail des personnalités fortes et exigeantes à des postes à hautes responsabilités. Les cultures occidentales individualistes valorisent ces personnalités, elles sont la marque de la réussite. Ces personnes sont donc considérées comme normales car elles intègrent les valeurs de la société. Dans d’autres cultures, aux valeurs plus collectives, ces personnes seraient considérées comme caractérielles, égoïstes, et anormales.

La normalité individuelle

Cette fois, il ne s'agit plus de comparer l'individu par rapport au reste de la population, mais par rapport à lui-même. Avec cette définition, un comportement est jugé comme anormal s'il est différent de ceux mis en oeuvre par le passé par la personne. Evidemment, cette définition n'est pas adaptée aux personnes qui vont mal depuis très longtemps.

La normalité comme adaptation à l'environnement

Avec cette définition, un être normal est une personne qui parvient à agir de manière autonome et adaptée dans les différentes situations de la vie : travail, vie amoureuse, famille, conduite, etc. Un être malade sera une personne qui ne parvient pas à gérer certaines de ces situations.

Aucune de ces définitions n'est totalement satisfaisante. Chacune comporte des avantages et des inconvénients, si bien qu'il est impossible d'en choisir une, qui serait meilleure que les autres. Ces définitions sont complémentaires.

La normalité n'est donc pas simple à définir. Mais, si on y réfléchit bien, est-il vraiment nécessaire de corriger ce qui est anormal, car bien souvent cela ne gêne personne ? Au final, la question de la normalité est un faux débat. C'est pourquoi, plutôt que de parler de normalité, les psychologues préfèrent parler de "souffrance".

De la normalité à la souffrance

Comme nous l'avons vu précédemment, la notion de normalité est floue, multiple et difficile à définir. C'est pourquoi les professionnels de la psychothérapie préfèrent parler de souffrance que de normalité.

Dans cette perspective, vous êtes seul juge. Ce n'est pas ce qui est "anormal" qui doit être corrigé. C'est ce qui est cause de souffrance, pour soi-même ou pour une tierce personne, qui est soigné. Le mot "souffrance" étant à prendre au sens large. Ce peut être une simple gêne ou un risque d'accident ou de blessure.

Vous hésitez à consulter ? Plutôt que de vous demander si vos comportements, pensées et sentiments sont normaux ou non, demandez-vous plutôt s'ils sont cause de souffrance ou s'ils peuvent l'être. Si c'est le cas, alors prenez votre courage à deux mains, et consultez.

photos :  hellocoolworld, Estonian Foreign Ministry